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1951 – Inauguration de l'École d'infirmières. Cette photographie vient d'un dépliant promotionnel pour la nouvelle École d'infirmières de l'Hôpital général juif.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ -
Des chirurgiens à l’œuvre dans l’une des premières salles d’opération de l’Hôpital général juif à avoir ouvert leurs portes.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ -
Deux infirmières prennent soin d’un bébé dans la pouponnière de l’Hôpital général juif pendant les années 1950.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Vue aérienne de l’Hôpital général juif, pendant les années 1950.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Une infirmière prend soin d’un patient étendu dans un « poumon d'acier », un appareil servant à soutenir la capacité respiratoire des patients, durant les années 1940 ou 1950.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ -
Un homme non identifié examine des radiographies à l’Hôpital général juif pendant les années 1940.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
1931 – Horace Cohen, Allan Bronfman, le Rabin Herman Abramowitz, le gouverneur général Earl Bessborough et Joseph Levinson père lors de la cérémonie d'inauguration des travaux de l’Hôpital général juif.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
22 septembre 1929 – Assemblée citoyenne spéciale regroupant plus de 3 000 personnes à l’Hôtel Mont-Royal. Une campagne d’un million de dollars visant à amasser des promesses de dons et à donner le coup d'envoi de la construction de l’Hôpital général juif est alors inaugurée par la communauté juive de Montréal.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ -
Publiée par le Montreal Daily Star le 23 septembre 1929, cette caricature représente la déesse de l’humanité tenant une affiche sur laquelle figure une citation de Michael Hirsch sur l’objectif de fonder l’HGJ. M. Hirsch était le coprésident du comité de la campagne de financement en 1929.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ -
1929 – Des panneaux annonçant la tenue de la campagne de financement apparaissent dans différents quartiers fréquentés par la communauté juive de Montréal.Crédits Photo : © JGH Archives HGJ
Hôpital général juif
Lors de son inauguration en octobre 1934, peu de gens auraient pu imaginer que l’Hôpital général juif (HGJ) figurerait un jour au nombre des établissements de santé les plus importants, les plus achalandés et les plus renommés du Québec.
L’histoire de l’Hôpital remonte aux années 1880, au moment où des millions de Juifs d’Europe de l’Est et de Russie cherchant à fuir les persécutions antisémites trouvent refuge dans les grandes villes nord-américaines, incluant Montréal. Malheureusement, la discrimination religieuse est omniprésente dans le Québec de la fin du XIXe siècle, à tel point que les Juifs peinent à recevoir des soins médicaux et à trouver un emploi dans les grands hôpitaux. Ainsi, au cours des décennies qui suivent, alors que la communauté juive connaît une croissance spectaculaire, passant de 5 000 à 20 000 membres, plusieurs petites cliniques juives offrent les soins nécessaires. À la fin des années 1920, il devient toutefois évident que ces établissements aux ressources humaines et matérielles limitées ne peuvent suffire à la tâche.
En quête d’une solution, des leaders juifs montréalais mènent une étude de faisabilité et déterminent qu’une prestation adéquate de soins de santé nécessite la construction d’un hôpital général moderne. En septembre 1929, la proposition de ces visionnaires récolte une approbation unanime à l’occasion d’une réunion rassemblant 3 000 Juifs montréalais.
Ironiquement, à peine un mois plus tard, le financement du projet est sérieusement compromis par l’effondrement des marchés financiers américains et le début de la Grande Dépression. En dépit de la sombre conjoncture économique, la communauté juive montréalaise, qui peut compter sur l’appui du gouvernement du Québec, demeure déterminée à se doter de son propre hôpital. Elle verra finalement toutes les promesses de don se matérialiser, incluant celles obtenues des citoyens les plus modestes.
À l’aube des années 1930, c’est-à-dire bien avant l’ouverture de l’HGJ, les fondateurs de l’établissement conviennent d’un principe qui deviendra (et qui demeure encore aujourd’hui) l’une des pierres d’assise de l’institution montréalaise. Il est unanimement reconnu que le nouvel hôpital accueillerait des patients et des employés de toutes origines religieuses, ethniques, culturelles et linguistiques. Conséquemment, lorsque l’établissement ouvre ses portes en 1934, il compte parmi les premières institutions publiques du système de santé québécois – voire peut-être même la toute première – à adopter une politique officielle non discriminatoire. Cette philosophie exceptionnelle est mise en lumière dans plusieurs discours d’ouverture, incluant ceux du maire de Montréal Camilien Houde, du représentant du premier ministre et du gouverneur général du Canada, Lord Bessborough. Le jour de l’inauguration, le gouverneur général s’adresse à la foule en ces termes : « L’Hôpital général juif est un monument à cet esprit de charité envers vos semblables qui a toujours été la caractéristique des Juifs partout dans le monde. »
Depuis 1934, l’HGJ se montre à la hauteur de la mission déclarée par ses pères fondateurs. En effet, il intègre les plus récentes avancées technologiques à ses traitements médicaux, et son personnel fait preuve de la sensibilité et de la compassion dont les patients ont tant besoin. Au fil des décennies, l’hôpital du quartier multiethnique de Côte-des-Neiges s’est transformé en une véritable plaque tournante en matière de soins de santé. Bien que l’anglais et le français représentent les deux langues les plus couramment parlées au sein de cet hôpital officiellement bilingue, on y entend tous les ans des douzaines de langues étrangères.
En 2015, dans le cadre de la restructuration du réseau québécois de la santé, l’HGJ compte parmi les nombreux établissements de soins de santé et de services sociaux du secteur centre-ouest de la métropole, qui sont réunis pour former le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre‑Ouest-de-l’Île-de-Montréal (également connu sous le nom de CIUSSS du Centre‑Ouest-de-l’Île-de-Montréal).
Au début de 2016, l’établissement inaugure le Pavillon K, une imposante aile de soins intensifs dotée d’équipements ultramodernes. Cette étape importante marque l’aboutissement du projet d’expansion le plus important, le plus ambitieux et le plus complexe de l’histoire de l’HGJ. Le nouveau pavillon abrite maintenant le Service de l’urgence, l’Unité de soins intensifs, l’Unité néonatale de soins intensifs, l’Unité de soins coronariens, le Centre des naissances, de nouvelles salles d’opération ainsi que plusieurs autres unités et services.
Aujourd’hui, à titre d’hôpital d’enseignement de l’Université McGill, il renferme l’un des centres de cancérologie les plus réputés du Québec (le Centre du cancer Segal) de même que l’un des principaux centres de recherche médicale du Canada (l’Institut Lady Davis). Grâce à son personnel composé de plus de 5 100 cliniciens (incluant près de 700 médecins traitants et plus de 1 600 infirmières), l’HGJ gère annuellement plus de 700 000 consultations externes, plus de 84 000 visites à l’urgence et près de 12 000 interventions chirurgicales, en plus de veiller au bon déroulement d’environ 3 700 naissances. En outre, l’établissement bénéficie de l’aide de plus de 1 000 bénévoles.
Grâce à plus de 80 ans d’expérience, à des équipements de pointe et à un personnel hautement qualifié, l’Hôpital général juif joue, aujourd’hui, un rôle de premier plan dans le secteur des soins de santé au Québec.
Liens :
http://jgh.ca/en/HerzlCentennialFilm
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1948 – Sam Borenstein sur le mont Royal.Crédits Photo : Tansky’s Phone Booth -
1944 – Composition en rouge et bleu, huile sur toile, 107x72 cm.Crédits Photo : © Borenstein Estate -
1963 – Scène de rue à Westmount, huile sur toile, 76x102 cm.Crédits Photo : © Borenstein Estate -
1956 – Sainte-Rose, Québec, huile sur toile, 51x81 cm.Crédits Photo : © Borenstein Estate
Sam Borenstein
Sam Borenstein était un célèbre peintre canadien. Il a notamment fait partie des Peintres juifs de Montréal.
Né en Lituanie en 1908, Sam Borenstein immigre au Canada en 1921 en compagnie de son père et de l’une de ses sœurs. Après avoir travaillé comme apprenti chez un commerçant de fourrure à Ottawa, il décroche un emploi dans une usine de vêtements montréalaise. Le soir, il suit des cours de dessin et de sculpture. Bientôt, il décide d’abandonner son emploi afin de se consacrer pleinement à l’art pictural.
Les toiles de Sam Borenstein s’inscrivent dans le courant expressionniste, un mouvement artistique apparu au début du XXe siècle. Son style se compare à celui des grands maîtres Chaim Soutine et Vincent Van Gogh. Sam Borenstein tient sa première exposition à Montréal en 1934. Ses premières toiles, avec leurs couleurs vives et leur énergie débordante, dépeignent la vie à Montréal durant la Grande Dépression. Lors d’un séjour en Bretagne en 1939, Sam Borenstein a l’occasion de voir de ses propres yeux les œuvres de ses mentors. Au cours des années 1940, il voyage dans les Laurentides, où il réalisera la plupart de ses œuvres les plus connues. Si le peintre montréalais est surtout célébré pour ses paysages aux couleurs éclatantes ainsi que pour le mouvement et l’énergie caractéristiques de son trait, ses portraits lui valent également une grande notoriété.
Depuis les années 1960, de nombreuses toiles réalisées par Sam Borenstein ont été exposées à la galerie L’Art Français. En 1992, la fille du peintre canadien a réalisé le documentaire Les couleurs de mon père : un portrait de Sam Borenstein. En 2005, n’ayant rien perdu de leur attrait, les œuvres de M. Borenstein ont fait l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal.
Sources :
https://en.wikipedia.org/wiki/Sam_Borenstein
http://www.klinkhoff.ca/artist-sam-borenstein-paintings
http://www.gallery.ca/cybermuse/enthusiast/thirties/artist_e.jsp?iartistid=601
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Ian Greenberg (à droite).Crédits Photo : Canadian Press -
Harold Greenberg en 1980.Crédits Photo : l’Encyclopédie canadienne -
Croquis d’Harold Greenberg réalisé par Louis Seligson.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin
Famille Greenberg
Harold Greenberg et ses trois frères, Harvey, Sidney et Ian, ont cofondé Astral Media Inc., l’une des plus grandes entreprises médiatiques indépendantes du Canada, dont les activités se sont étendues à la photographie, au cinéma, à la télévision, à la radio et à la musique.
Les quatre frères Greenberg grandissent au sein d’une famille ashkénaze de Montréal, entre le boulevard Saint-Laurent et Côte-Saint-Luc. En 1961, ils fondent Angreen Photo Inc., leur première coentreprise, qui est spécialisée dans la photo, puis font l’acquisition des laboratoires de finition photographique Bellevue Pathé en 1963. C’est en 1967 que cette entreprise prend véritablement son envol, lorsqu’elle obtient les droits exclusifs de la vente d’appareils-photo, de pellicules et de matériel photographique sur le site de l’Exposition universelle de Montréal.
Grâce aux nouveaux fonds dont elle dispose, Angreen est en mesure d’acquérir Astral Communications. L’entreprise adopte plus tard le nom d’Astral Media et deviendra le plus important radiodiffuseur du pays, en plus de posséder des chaînes de télévision payantes et spécialisées. Les frères Greenberg en sont les actionnaires majoritaires tandis qu’Harold endosse le rôle de président et de chef de la direction. À ce titre, il lance l’entreprise dans la production de vidéocassettes ainsi que dans la postproduction et la distribution de films. Il soutient fermement le sous-titrage en français québécois, plutôt qu’en français de France, pour les films et les téléfilms destinés au public de la Belle Province. Vers la fin de sa carrière, Harold Greenberg étend les activités de sa société aux nouveaux médias, comme le CD-Rom, et à diverses techniques, dont l’animation par ordinateur. L’homme d’affaires se fait également un nom dans le milieu cinématographique en tant que chef de production des longs métrages Porky’s (Chez Porky), Breaking Point et The Neptune Factor (L’Odyssée sous la mer).
En 1986, pour rendre hommage au soutien apporté par Harold Greenberg aux productions canadiennes, Astral crée le Fonds Harold Greenberg, qui vise à financer de nouvelles œuvres cinématographiques canadiennes. Le Fonds investira plus de 50 000 000 $ au cours des vingt années suivantes. En reconnaissance de son engagement envers la collectivité, M. Greenberg sera nommé officier de l’Ordre du Canada, chevalier de la Légion d’honneur et chevalier de l’Ordre national du Québec.
Après le décès d’Harold Greenberg en 1996, son frère Ian prend les rênes d’Astral, qui sera désormais uniquement axée sur les médias, la télévision, la radio, la publicité et les médias numériques. Avant son acquisition par Bell Canada en 2012, l’entreprise compte plus de 2 800 employés répartis dans huit provinces canadiennes, 84 stations de radio et 24 chaînes de télévision payantes et spécialisées.
Liens :
https://en.wikipedia.org/wiki/Harold_Greenberg
http://www.theglobeandmail.com/globe-investor/a-bittersweet-day-for-ian-greenberg/article4202832/
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Moses Znaimer en 1977.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
La chaîne de télévision québécoise spécialisée MusiquePlus a été fondée par Moses Znaimer en 1986.Crédits Photo : Musiqueplus
Moses Znaimer
Moses Znaimer est un magnat des médias canadiens. Actuellement chef de la direction chez Zoomermedia, il a notamment cofondé les célèbres chaînes de télévision MuchMusic et MusiquePlus.
Né à Kulab, au Tadjikistan, de parents lettons et polonais réfugiés de la Deuxième Guerre mondiale, Moses Znaimer arrive à Montréal en 1948 après un séjour en Allemagne dans un camp pour personnes déplacées. Jeune adulte, il entreprend des études en science politique et en philosophie à l’Université McGill, où il présidera le McGill Debating Union (Club de débat de McGill). Élève brillant, il obtient quelques années plus tard une maîtrise en études gouvernementales de l’Université Harvard.
Moses Znaimer amorce sa carrière dans le domaine de la télédiffusion vers le milieu des années 1960, à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC). Il anime alors l’émission de radio Cross Country Checkup, en plus de coanimer l’émission de télévision Take 30 aux côtés d’Adrienne Clarkson.
Sentant ses aspirations limitées par l’environnement corporatif de la CBC, Moses Znaimer quitte le diffuseur public et fonde, avec quelques partenaires, Citytv, une chaîne de télévision sans complexe et contemporaine destinée aux jeunes. En 1981, le conglomérat médiatique torontois CHUM Limited se porte acquéreur de Citytv. Moses Znaimer devient alors vice-président de CHUM et producteur délégué de toute la programmation de Citytv. En 1984, il lance la chaîne MuchMusic avec son collègue John Martin, concrétisant ainsi sa vision d’une chaîne diffusant 24 heures sur 24 des vidéos musicales. MusiquePlus, l’équivalent francophone de MuchMusic, sera lancée à Montréal en 1986. Au cours des années 1990, Moses Znaimer participe au lancement des chaînes Bravo! (1995), Space (1997), CablePulse 24 (1998), Canadian Learning Television, Star!, Drive-In Classics, Fashion Television, BookTelevision, CourtTV Canada, SexTV: The Channel, MuchLOUD et MuchVibe. Après avoir annoncé sa retraite en 2003, M. Znaimer réapparaît en 2005 et fonde ZoomerMedia, son nouvel empire médiatique.
En reconnaissance de sa remarquable contribution à la culture canadienne, Moses Znaimer a notamment reçu le Prix du Gouverneur général pour les arts de la scène (Prix de la réalisation artistique), en plus d’avoir été admis au sein de l’Ordre de l’Ontario.
Liens :
https://en.wikipedia.org/wiki/Moses_Znaimer
http://www.mosesznaimer.com/
http://www.huffingtonpost.ca/2015/10/18/moses-znaimer-elder-care-canada_n_8314574.html
http://www.blogto.com/city/2012/09/that_time_when_citytv_was_the_street/
https://www.youtube.com/watch?v=WKvs5fyRKu4
https://www.youtube.com/watch?v=jFqQcbV-3e0
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Moe Wilensky (à droite), son frère Archie (à gauche) et un client (au centre), vers 1932.Crédits Photo : La famille Wilensky -
Harry Wilensky (à gauche) avec Moe et Sylvia Wilensky dans la tabagie/salon de barbier du 4159, boulevard Saint-Laurent, vers le milieu des années 1920.Crédits Photo : La famille Wilensky -
Certificat de la Gourmet Association of Canada.Crédits Photo : La famille Wilensky -
1972 – Moe Wilensky (à gauche) et son deuxième fils, Bernard.Crédits Photo : La famille Wilensky -
Ruth et Moe Wilensky au milieu des années 1970.Crédits Photo : La famille Wilensky
Wilensky
Fondé en 1932, Wilensky est un casse-croûte du Mile-End réputé pour son « spécial Wilensky », un sandwich composé d’un pain kaiser, de salami frit et de bologne assaisonné à la moutarde. Cette institution représente l’un des derniers bastions de la culture juive de l’Europe de l’Est dans le Mile-End.
À l’instar de nombreux Juifs d’Europe de l’Est, Harry Wilensky, le père de Moe Wilensky, quitte la Russie pour Montréal au début des années 1900. Il ouvre plus tard un petit salon de barbier et dépanneur, qui déménagera plusieurs fois, suivant la migration des Juifs downtowners vers le nord de la Main. Les fils d’Harry, Moe et Archie, se joignent au commerce familial, et Moe convainc Harry de commencer à vendre des sandwichs. En 1932, le magasin déménage au 119, rue Fairmount Ouest, avant de s’installer au coin des rues Fairmount et Saint-Urbain en 1935 et, finalement, à l’angle des rues Fairmount et Clark en 1952, où il est toujours situé. Depuis, peu de choses ont changé chez Wilensky : le décor et la nourriture y sont les mêmes qu’auparavant.
Le casse-croûte Wilensky est immortalisé dans l’œuvre de Mordecai Richler, qui était, durant sa jeunesse, un client régulier du restaurant. Dans son roman intitulé The Apprenticeship of Duddy Kravitz (L’apprentissage de Duddy Kravitz), le célèbre auteur fait référence à ce lieu mythique sous le nom de Moe’s Cigar Store. Certaines scènes du film éponyme ont d’ailleurs été tournées chez Wilensky.
Dans l’histoire juive de Montréal, ce restaurant a une valeur symbolique : il évoque une période au cours de laquelle la population juive immigrante habitait en grande majorité le Mile-End, où elle subsistait grâce à de petits commerces comme celui de Moe Wilensky. Pour beaucoup d’habitants montréalais du début du XXe siècle, les restaurants du Mile-End permettent un premier contact avec la culture juive.
Remerciement spécial au Musée du Montréal Juif.
Sources :
http://imjm.ca/location/1471
http://blogs.villagevoice.com/forkintheroad/2010/11/wilenskys_light.php
http://www.cbc.ca/archives/categories/arts-entertainment/literature/mordecai-richler-was-here/richlers-homecoming.html
http://top2000.ca/wilenskys/index.htm
http://www.canada.com/montrealgazette/columnists/story.html?id=258acefe-3252-4915-a852-ed3ec0d3b778
https://web.archive.org/web/20070629062340/http://www.mcgilldaily.com:80/view.php?aid=1360
http://www.themainmtl.com/2015/07/wilenskys-light-lunch-montreal/
https://www.youtube.com/watch?v=cek6rK5F4EA
Mitch Garber
Ayant grandi à Montréal, Mitch Garber amorce sa carrière professionnelle à titre d’avocat avant d’entreprendre une carrière à la fois variée et bien remplie dans le monde des affaires. Il devient rapidement l’un des joueurs les plus influents des secteurs de l’hôtellerie, du jeu et du divertissement.
Au cours des années 2000, il accède au poste de président-directeur général de PartyGaming, l’une des plus importantes entreprises de jeu en ligne de l’époque. Puis, à l’aube des années 2010, il prend les rênes de Caesars Interactive Entertainment, la nouvelle division de jeu en ligne du géant mondial Caesars Entertainment. Depuis 2013, Mitch Garber est président-directeur général de Caesars Acquisition Company, qui est propriétaire des World Series of Poker et de six hôtels et casinos situés à Las Vegas, en Nouvelle-Orléans et à Baltimore. M. Garber est surtout connu des Québécois pour son rôle de mentor à l’émission Dans l’oeil du dragon, la mouture francophone de Dragon’s Den, le célèbre rendez-vous télévisuel de la CBC. L’investisseur montréalais est le premier juge anglophone à s’être joint à la production d’ICI Radio-Canada Télé. En 2015, M. Garber devient président du Cirque du Soleil après avoir participé aux négociations ayant mené à la vente de l’entreprise au groupe TPG.
En 2016, s’adressant à Sandie Renaldo lors d’une entrevue pour le magazine d’actualités télévisé W5, Mitch Garber affirme avec fierté se sentir entièrement chez lui à Montréal, bien qu’il ait vécu dans plusieurs autres métropoles internationales : « Je voulais que mes enfants aient le même sentiment d’appartenance au Canada, la même éducation québécoise que ma femme (Anne-Marie Boucher) et moi avons eue. » Réputé pour être un fervent défenseur du bilinguisme, M. Garber exhorte ses compatriotes québécois anglophones à éviter l’insularité culturelle.
Ayant à cœur de donner au suivant grâce à la philanthropie, le « dragon » montréalais a récemment coprésidé la campagne Centraide du Grand Montréal, siégé au conseil d’administration de la fondation One Drop et mis sur pied une fondation familiale pour soutenir la recherche sur le cancer héréditaire par des étudiants postdoctoraux de la Faculté de médecine de l’Université McGill. Il a également collecté des fonds pour soutenir les efforts de Céline Dion et René Angélil pour la recherche sur la fibrose kystique, entre autres engagements charitables.
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Claire Culhane.Crédits Photo : prisonjustice.ca
Claire Culhane
Claire Culhane – une leader de renommée mondiale dans les domaines du mouvement antiguerre et de la défense des droits des détenus – comptait parmi les militants politiques les plus en vue de son époque.
Claire Culhane voit le jour à Montréal en 1918. Fille de Rose et d’Abraham Eglin, deux immigrants juifs originaires de la Russie, elle grandit au côté de son frère aîné Jack. Dès son plus jeune âge, la jeune fille affiche un intérêt marqué pour la justice sociale et la désobéissance civile. Durant la Grande dépression, elle vient en aide aux Québécois les plus mis à mal par la crise. Puis, au début de l’âge adulte, Claire Culhane se joint au Parti communiste canadien et s’affiche en faveur de la fin de la guerre civile espagnole. La Gendarmerie royale du Canada commence alors à s’intéresser aux activités de la militante montréalaise. Le dossier qu’elle lui consacre sera alimenté pendant près de 50 ans.
En 1967, Claire Culhane est sélectionnée par le gouvernement fédéral pour participer, pendant un an, à l’établissement d’un hôpital pour tuberculeux à Quang Ngai City, au Vietnam (près de Saigon). Elle compte alors se servir de son expérience en tant que bibliothécaire préposée aux dossiers médicaux pour travailler à l’hôpital à titre de conseillère et adjointe administrative. À son grand dam, elle constate rapidement que le système d’enregistrement confidentiel qu’elle a aidé à mettre en service est constamment compromis par le chef de l’équipe canadienne d’aide médicale. En effet, ce dernier transmet des renseignements sur les patients à l’ambassade américaine et à la CIA. Déçue par le rôle joué par le Canada dans la guerre du Vietnam, la Montréalaise quitte l’Asie en 1968, moins de deux semaines avant le massacre de My Lai.
De retour au Canada, Claire Culhane proteste contre la guerre de maintes façons. Elle porte plainte officiellement auprès du gouvernement fédéral, elle jeûne pendant 10 jours sur la Colline du Parlement à Ottawa, elle s’enchaîne à une chaise dans la Chambre des communes et elle campe dans le froid pendant 19 jours en compagnie du cinéaste Mike Rubbo. Ces derniers distribuent des pamphlets antiguerre durant leur campagne Enough/Assez. La militante écrit également un livre, Why is Canada in Vietnam? The Truth about our Foreign Aid, qui contribue à galvaniser le mouvement antiguerre.
Dans un tout autre ordre d’idée, Claire Culhane est surtout connue pour son travail en matière de défense des droits des détenus. Ne croyant pas à la réforme pénitentiaire, elle s’affiche plutôt en faveur du démantèlement des prisons. En 1975, une prise d’otage a lieu au Centre correctionnel régional pour femmes de Lakeside, où Mme Culhane a déjà fait du bénévolat à titre d’enseignante en études féministes. Trois détenues en voie d’être de nouveau placées en isolement cellulaire prennent 15 personnes en otage, provoquant ainsi une confrontation de 41 heures avec le personnel pénitentiaire. Une agente correctionnelle est accidentellement tuée par ses collègues lorsque l’équipe d’intervention d’urgence décide de sonner la charge.
Après avoir participé à la fondation du groupe militant vancouvérois Prisoners’ Rights Group (PRG), Claire Culhane se joint en 1976 à une nouvelle organisation nommée le Citizens Advisory Committee (CAC). Lorsque la pire émeute en 50 ans éclate au Pénitencier de la Colombie-Britannique, la Montréalaise et ses collègues du CAC sont appelés à négocier une entente entre les détenus et les autorités carcérales. Mme Culhane se verra par la suite interdire l’accès aux centres correctionnels pour de nombreuses années. Elle publiera deux ouvrages sur ses expériences en milieu pénitentiaire : Barred from Prison : A Personal Account (Chassée de prison : un témoignage) et Still Barred from Prison: Social Injustice in Canada. Au cours de sa vie, la militante a fait entendre sa voix de maintes façons, notamment en organisant des manifestations assises dans les bureaux des gardiens de prison, en faisant du piquetage sur la colline parlementaire, en animant l’émission de télévision Instead of Prisons de même qu’en écrivant et en discourant longuement au sujet de la prison en tant que forme de contrôle social.
Relatant la vie de Claire Culhane, Mick Lowe a fait paraître la biographie One Woman Army en 1992.
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Yaëla HertzCrédits Photo : Les archives d'Yaëla Hertz -
Crédits Photo : Les archives d'Yaëla Hertz -
Crédits Photo : Les archives d'Yaëla Hertz
Yaëla Hertz
Yaëla Hertz – une sabra s’étant installée au Québec au début de l’âge adulte – a profondément marqué l’histoire de la musique classique montréalaise. Violoniste hors pair, professeure émérite et mentore convoitée, elle fut l’une des premières femmes à camper le rôle de premier violon au sein d’un orchestre professionnel.
Yaëla Hertz voit le jour en 1930 à Tel-Aviv, dans ce qui est alors la Palestine. Elle commence à étudier le violon auprès de sa mère, la musicienne Atara Glickson-Hertz, premier violon à l’Opéra de Palestine. Durant la guerre d’indépendance d’Israël, Yaëla Hertz sert dans l’Armée de défense israélienne, où elle joue du violon pour les troupes.
À 16 ans, puis à 19 ans, la jeune musicienne participe à deux concours de violon, le premier à Genève et le second à Prague. Vêtue de l’uniforme de l’armée israélienne, elle remporte les honneurs du concours pragois et reçoit une bourse lui permettant d’aller étudier à la Juilliard School de New York. Son professeur, Misha Mischakoff, qui est premier violon dans l’orchestre de l’illustre chef Arturo Toscanini, la présente à Alexander Brott. À l’invitation de ce dernier, Yaëla Hertz se joint à l’Orchestre de chambre McGill, d’abord en tant que soliste, puis à titre de premier violon. Elle gardera le second poste de 1959 à 2002.
Au cours de sa carrière, Yaëla Hertz enseigne le violon à l’Université McGill, à l’École de musique Vincent-d’Indy et au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, en plus d’agir à titre de répétitrice pour la section des violons de l’Orchestre national des jeunes du Canada. Membre de l’Orchestre symphonique de Montréal, elle donne en outre des cours lors de la tenue de KlezKanada.
En tant que soliste, elle enregistre des pièces pour CBC Radio. Elle enregistre aussi des œuvres avec l’Orchestre de chambre McGill, le Montreal Trio (dont font également partie son frère, le violoncelliste Talmon Hertz, et l’altiste Steve Kondaks) et le Trio Hertz, qui est complété par Talmon et le pianiste Dale Bartlett.
Durant ses tournées de concerts, Yaëla Hertz donne des classes de maître de violon et de musique de chambre. Elle participe également à divers programmes incluant Musicians of Tomorrow, un programme intensif de musique destiné aux enfants doués vivant dans le nord d’Israël, dont les fondateurs sont Maxim Vengerov et Anna Rosnovsky.
Yaëla Hertz et son mari, le chirurgien montréalais Nathan Berkson, ont eu trois enfants.
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2000 – Yuli Turovsky dirige l’orchestre de chambre I Musici de Montréal.Crédits Photo : I Musici
Yuli Turovsky
Natif de l’ancienne Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), Yuli Turovsky était un violoncelliste, chef d’orchestre et professeur de musique canadien. Il a notamment fondé et dirigé l’orchestre de chambre I Musici de Montréal.
Yuli Turovsky voit le jour à Moscou en 1939. À sept ans, il commence à jouer du violoncelle à l’École centrale de musique de Moscou. Il fréquente ensuite le Conservatoire de Moscou de 1957 à 1969. Étoile montante de la scène musicale soviétique, il remporte les honneurs du concours national de violoncelle ainsi que le deuxième prix du Festival international de musique du Printemps de Prague. Il deviendra plus tard violoncelliste solo au sein de l’Orchestre de chambre de Moscou.
Pendant les années 1970, Yuli Turovsky et sa famille s’établissent à Montréal. En 1983, il fonde l’orchestre de chambre I Musici de Montréal, qui compte désormais parmi les ensembles classiques les plus connus au Canada. Tandis que sa femme, Eleanora, occupe le poste de premier violon de l’orchestre à cordes de 1983 à 2011, M. Turovsky agit à titre de directeur et de chef d’orchestre jusqu’à ce que la maladie de Parkinson ne l’emporte en 2013.
Au cours de sa carrière, Yuli Turovsky a réalisé plus de 30 enregistrements. Il a pris part à de nombreuses tournées internationales, non seulement comme soliste, mais aussi comme membre du Borodin Trio et de son orchestre à cordes. Il a également été professeur au Conservatoire de musique du Québec à Montréal de 1977 à 1985 et à l’Université de Montréal de 1979 jusqu’au début des années 2010.
Lauréat du prix Opus (pour l’œuvre de toute une vie) du Conseil québécois de la musique en 2012, M. Turovsky a été nommé chevalier de l’Ordre national du Québec en 2010 et a reçu le titre d’officier de l’Ordre du Canada en 2012.
Sources :
http://quebecscene.ca/fr/events/eventdetails.asp?eventid=200
http://snipview.com/q/soviet_emigrants_to_canada
http://imusici.com/hommage-a-yuli-turovsky/
https://en.wikipedia.org/wiki/Yuli_Turovsky
http://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/yuli-turovsky-emc/
http://www.thestrad.com/cellist-and-conductor-yuli-turovsky-dies/
http://imusici.com/orchestre/l-orchestre-de-chambre/fondateur/
http://www.bach-cantatas.com/Bio/Turovsky-Yuli.htm
http://www.cbc.ca/news/entertainment/montreal-cellist-yuli-turovsky-dies-at-73-1.1409698
http://www.lapresse.ca/arts/musique/201301/15/01-4611522-deces-du-violoncelliste-et-chef-dorchestre-yuli-turovsky.php