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Sidney Altman.Crédits Photo : Materialscientist -
Structure 3D d'un ribozyme.Crédits Photo : N/A -
Sidney Altman.Crédits Photo : Yale University
Sidney Altman
Sidney Altman est un biologiste moléculaire canado-américain originaire de Montréal. Avec son collègue, le chimiste américain Thomas Cech, il a remporté le prix Nobel de chimie de 1989 pour la découverte des propriétés catalytiques de l'ARN.
Sydney Altman voit le jour à Montréal en 1939. Second enfant d’un couple originaire d’Europe de l’Est, il grandit dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce, au sein d’une famille accordant une importance capitale à la réussite scolaire. Chaque jour, sa mère travaille dans une usine de textile tandis que son père s’affaire dans une épicerie. Très tôt, le jeune homme commence à s’intéresser aux sciences, plus particulièrement à la physique nucléaire. Cette passion est nourrie par l’invention de la bombe nucléaire, les travaux d’Albert Einstein et un intérêt marqué pour la lecture qu’il cultive depuis la tendre enfance.
Au début de l’âge adulte, Sidney Altman obtient un baccalauréat en physique du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ainsi qu’un doctorat en biologie moléculaire de l’Université du Colorado. Titulaire de deux bourses de recherche postdoctorales, la première offerte par l’Université Harvard et la seconde par l’Université Cambridge, le Montréalais amorce des travaux avec Francis Crick, le codécouvreur de la structure moléculaire de l’ADN. À Cambridge, quelques semaines à peine avant l’échéance de sa bourse de recherche, Sidney Altman découvre que l’ARN possède des propriétés catalytiques.
En 1971, M. Altman devient professeur adjoint à l’Université Yale, où il travaille encore à jour à titre de professeur émérite en biologie et en chimie du développement moléculaire et cellulaire. Il est marié à Mme Ann M. Körner, avec qui il a eu deux enfants.
Source :
https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/chemistry/laureates/1989/altman-bio.html
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Crédits Photo : icehockey.wikia.com
Sam Lichtenhein
Samuel « Sam » Edward Lichtenhein était un homme d’affaires et un propriétaire d’équipes sportives. En plus d’avoir été propriétaire des Royaux et des Wanderers de Montréal, il a joué un rôle crucial dans les négociations qui ont fait du hockey un sport se jouant à six joueurs.
Samuel Lichtenhein voit le jour à Chicago en 1870. L’année suivante, après qu’un incendie eut ravagé l’entreprise de son père, il déménage à Montréal avec ses parents et ses trois frères et sœurs. Il amorce par la suite des études au Collège Loyola avant d’amorcer une carrière dans le monde des affaires.
Au tournant des années 1910, Samuel Lichtenhein se porte acquéreur des Royaux de Montréal, une équipe de la Eastern Baseball League, dont il demeurera le propriétaire jusqu’à sa dissolution sept ans plus tard. Puis, en 1911, il achète les Wanderers de Montréal, une équipe de hockey en perte de vitesse malgré ses récents succès. En effet, après avoir remporté quatre coupes Stanley au cours de la décennie précédente, l’équipe traverse une période difficile à l’aube de l’ère Lichtenhein. En 1913, le propriétaire des Wanderers passe à l’histoire en approuvant la mise en vigueur d’une nouvelle règle qui viendra à jamais modifier la nature du hockey : le sport national du Canada se jouera désormais à six joueurs au lieu de sept.
Vers la fin des années 1910, Samuel Lichtenhein participe à la mise sur pied de la Ligue nationale de hockey (auparavant appelée la National Hockey Association). Il demeure propriétaire des Wanderers jusqu’à ce que leur domicile, l’Aréna de Westmount, soit détruit par les flammes, ce qui marquera la fin de la franchise. La vie de M. Lichtenhein a d’ailleurs été marquée par de nombreux incendies : en plus d’avoir ravagé l’entreprise de ses parents, les flammes ont réduit en fumée le domicile de ses deux équipes sportives.
Samuel Lichtenhein a été marié à Huldah Lewin, avec qui il a eu un fils, décédé avant eux. M. Lichtenhein était par ailleurs un membre important de la communauté juive montréalaise. Il est demeuré au Québec jusqu’à la fin de ses jours. Il repose au cimetière Mont-Royal.
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La « Dilcoosha », la somptueuse résidence de Jesse Joseph située sur la rue Sherbrooke, à l’angle de la rue McTavish. Wm. Notman & Son. 1913, XXe siecle. VIEW-12878Crédits Photo : © Musée McCord, Montréal -
Portrait de Moses Judah Hayes tiré du livre A Jew in Canada (1926).Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Jesse Joseph à New York, vers 1865. Charles D. Fredricks & Co. Vers 1865, XIXe siècle. MP-0000.2791Crédits Photo : © Musée McCord, Montréal
Personnages publics du XIXe siècle
Moses Judah Hayes était un homme d’affaires réputé et un important leader au sein de la communauté juive de Montréal. Il a été l’un des premiers Juifs à accéder à la fonction publique municipale.
Moses Judah Hayes (1799 – 1861)
Moses Judah Hayes était un homme d’affaires réputé et un important leader au sein de la communauté juive de Montréal. Il fut l’un des premiers Juifs à accéder à la fonction publique municipale.
Moses Judah Hayes naît à Montréal en 1799. Issu d’un milieu aisé, il grandit au sein d’une des familles juives les plus célèbres au Canada. Au cours de sa carrière d’hommes d’affaires, il siège au conseil d’administration de plusieurs sociétés, dont la Montreal Gas Company et la Banque d’épargnes et de prévoyance de Montréal. Au milieu des années 1840, il fait bâtir la Hayes House. Haut de quatre étages, l’édifice abrite non seulement un théâtre, mais également le premier centre commercial jamais construit au Canada. Lorsque le Parlement du Canada-Uni est détruit par un incendie en 1849, les membres du Parlement louent un local dans la Hayes House et y siègent pendant six mois. Bien que ses entreprises commerciales n’obtiennent pas toutes le succès escompté, le Montréalais suscite toute sa vie le respect et l’admiration des membres de sa communauté.
Tout au long de sa vie active, Moses Judah Hayes contribue au bien-être de la société en général. Il est entre autres membre de l’Institut des artisans de Montréal, de la Grande Loge provinciale des francs-maçons et de la Société d’agriculture du comté de Montréal. En reconnaissance de son remarquable dévouement envers sa ville natale, M. Hayes se voit offrir, en 1954, le poste de chef de police de Montréal, une fonction qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1861. Il devient ainsi à 55 ans l’un des deux premiers Juifs canadiens à être nommés au poste de juge de paix.
La famille Joseph
Les frères Jacob Henry Joseph (1814 – 1907), Jesse Joseph (1817–1904) et Abraham Joseph (1815–1886) étaient tous trois de grands hommes d’affaires québécois. Leur père, Henry Joseph (1775 – 1832), était le neveu d’Aaron Hart, le premier Juif à s’être établi au Canada.
En 1790, Henry Joseph s’installe à Berthier pendant quelques années avant de déménager à Québec, où il fait rapidement fortune grâce à la traite des fourrures. L’homme d’affaires et inventeur américain John Jacob Astor figurera brièvement au nombre de ses employés. En 1817, M. Joseph et deux de ses coreligionnaires fondent la Banque de Montréal, la toute première banque canadienne. La même année, sa femme donne naissance au dernier de ses trois fils. Ceux-ci deviendront d’importants hommes d’affaires et philanthropes montréalais.
Né en 1817, Jesse Joseph est un entrepreneur et un leader communautaire basé à Montréal. Originaire de Berthier, il devient président de la Montreal Gas Company peu de temps après avoir vendu ses actions de la Montréal Electric Company, convaincu que l’électricité ne pourra jamais avantageusement remplacer la traction animale. Jesse Joseph s’emploie ensuite à développer des liens commerciaux entre le Canada et la Belgique, ce qui lui vaudra d’être nommé consul de Belgique au Canada en 1850. Sa maison, où ont lieu de somptueuses fêtes, abritera le premier Musée McCord après son décès en 1904.
Fils aîné d’Henry Joseph, Jacob Joseph laisse lui aussi sa marque à Montréal. Avec son frère Jesse, il contribue à la mise en service du premier chemin de fer au Canada, le Chemin de fer Champlain et Saint-Laurent. Il participe également à l’installation des premières lignes télégraphiques au Canada. Au cours de sa vie active, il agit notamment à titre d’associé de la Newfoundland Telegraph Company, de président de la Montreal Elevating Company et de vice-président du Bureau de commerce de Montréal. On se souviendra de lui pour ses œuvres philanthropiques et son soutien à l’égard de nombreuses organisations culturelles québécoises.
Également natif de Berthier, Abraham Joseph s’installe à Québec en 1936, où il réside jusqu’à son décès en 1886. En plus d’avoir pris la relève de son père après la mort de ce dernier en 1832, Abraham Joseph occupe divers postes prestigieux au cours de sa carrière. Il œuvre notamment à titre de président du Bureau de commerce de Québec, d’administrateur de la Banque Nationale et de membre du conseil municipal de Québec. En 1956, il devient vice-consul de Belgique à Québec. Quelques années plus tard, il tente en vain d’accéder à la mairie de Québec, après quoi il décide de se retirer définitivement de la scène politique.
Sources :
Sack, B. G. (1945), History of the Jews in Canada: Volume I, Montréal, Canadian Jewis Congress
Hart Arthur (2010), The Jew in Canada, Montréal, Now and Then Books.
http://www.biographi.ca/en/bio/hayes_moses_judah_9E.html.
https://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/judaica/ejud_0002_0011_0_10275.html
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Crédits Photo : Skoll Foundation
Jeffrey Skoll
Originaire de Montréal, Jeffrey Skoll est un cyberentrepreneur, un producteur de film, un philanthrope et un militant basé aux États-Unis.
Jeffrey Skoll naît à Montréal en 1965. À l’aube de l’âge adulte, il finance ses études de premier cycle à l’Université de Toronto en travaillant comme pompiste. Après avoir obtenu une maîtrise de l’Université Stanford en administration des affaires, il devient à la fois le premier président et le premier employé à temps complet de l’entreprise eBay. Jeffrey Skoll deviendra milliardaire peu de temps après l’entrée en bourse de l’entreprise en 1998.
En 2001, le Montréalais crée la Skoll Foundation, un organisme qui, grâce à la collaboration de plus de 70 ONG internationales, soutient notamment l’accès aux soins de santé, la création d’emploi, la lutte aux changements climatiques et le développement des énergies renouvelables partout dans le monde. Jeffrey Skoll est l’une des vingt personnes sur terre ayant offert plus d’un milliard de dollars à divers organismes de bienfaisance. Il ainsi contribué, entre autres, à la construction de systèmes d’irrigation en Afrique et à la mise sur pied d’établissements venant en aide aux jeunes en difficulté. À titre de seul signataire canadien du Giving Pledge (Promesse de don), une campagne philanthropique lancée par Bill Gates et Warren Buffet en 2010, Jeffrey Skoll a déjà donné plus de la moitié de sa fortune à des causes louables. Ce dernier soutient ne vouloir conserver que 5 % de ses actifs. En reconnaissance de son extraordinaire générosité, il a été nommé officier de l’Ordre du Canada en 2011.
L’engagement de Jeffrey Skoll envers la justice sociale se manifeste également par l’entremise de Participant Media, la compagnie de production qu’il a fondée au début des années 2000. Gagnante de plusieurs prix prestigieux, celle-ci a produit des dizaines de films, incluant He Named Me Malala, Food Inc., Fast Food Nation, Citizen Four et An Inconvenient Truth. Participant Media a récemment conclu un partenariat avec l’entreprise montréalaise Cineflix Media dans le but de créer une programmation pertinente sur le plan social. Jeffrey Skoll est en outre le créateur du Skoll Centre for Social Entrepreneurship, un groupe de réflexion international basé à l’Université Oxford.
Les efforts de Jeffrey Skoll visant à promouvoir la paix et la prospérité partout dans le monde lui ont valu de nombreuses récompenses, dont le Prix du leadership John W. Gardner et le prix Jefferson décerné au citoyen américain s’étant le plus illustré en matière de service public. En 2012, les organisateurs du Gotham Independent Film Awards ont honoré Jeffrey Skoll pour l’ensemble de sa carrière.
Sources :
http://www.forbes.com/profile/jeffrey-skoll/
http://www.theglobeandmail.com/news/national/meet-the-canadian-billionaire-whos-giving-it-all-away/article4209888/
https://www.youtube.com/watch?v=-3EP_NFE10s
https://www.youtube.com/watch?v=VXwBfZrv_po
http://www.ted.com/talks/jeff_skoll_makes_movies_that_make_change
http://mrfcj.org/about/iac/jeff-skoll.html
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2012 – TEDx Montréal.Crédits Photo : EvaBlue -
2016 – Joe Schwarcz à la Conférence Cusp.Crédits Photo : La Conférence Cusp -
Crédits Photo : Canadian Jewish News -
Joe Schwarcz lors d’une conférence à la Trafalgar School for Girls.Crédits Photo : Domaine publique -
Crédits Photo : McGill Office for Science and Society -
Joe Schwarcz à la bibliothèque de Côte-Saint-Luc.Crédits Photo : Bibliothèque de Côte-Saint-Luc
Joe Schwarcz
Directeur fondateur de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill, Joe Schwarcz est reconnu pour sa démystification de données scientifiques erronées.
Né à Sopron en Hongrie, Joseph Schwarcz (affectueusement surnommé Dr Joe) est fasciné par la magie depuis sa tendre enfance. Très tôt, il voit en elle un grand potentiel pour faire rêver et enseigner. Il obtient son doctorat en chimie de l’Université McGill, où il travaille depuis. Déterminé à réfuter les idées préconçues – et souvent très coûteuses – concernant la chimie et la médecine, il s’est forgé une réputation de pourfendeur de charlatans.
En 2011, l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill reçoit un don de 5,5 millions de dollars du philanthrope Lorne Trottier pour faire progresser son travail de promotion de l’éducation scientifique et de la pensée critique. Ce don est considéré comme le plus important de l’histoire canadienne. Pour monsieur Trottier, Joseph Schwarcz est le « Carl Sagan du Canada ».
Auteur de plus d’une douzaine de livres, Joseph Schwarcz anime également une émission de télévision, écrit une chronique hebdomadaire dans un journal, tient des consultations publiques et donne des conférences. M. Schwarcz réfute la prétendue valeur médicale des baies d’açaï, des lavements au café en guise de traitement contre le cancer ainsi que des produits de désintoxication et de beauté. Il s’attaque même aux renseignements nutritionnels offerts par McDonald’s.
Joseph Schwarcz a reçu de nombreux prix, notamment la médaille McNeil de la Société royale du Canada, le prestigieux prix Grady-Stack de la Société de chimie des États-Unis, la médaille Sandford Fleming du Royal Canadian Institute, le prix Purvis de la Société de l’industrie chimique et la médaille de Montréal octroyée par l’Institut de chimie du Canada. Il est également membre de l’American Chemical Society, de l’Institute of Food Technologies et du Centre de prévention du cancer (CPC). Il copréside le forum sur la nutrition dans le traitement de la maladie inflammatoire de l’intestin et préside le conseil de rédaction du Canadian Chemical News.
Sources :
http://www.macleans.ca/society/health/who-you-gonna-call/
http://www.cbu.ca/alumni/honorary-degree-recipients/joseph-a-schwarcz/
http://www.cjnews.com/living-jewish/jewish-learning/joe-schwarcz-making-science-palatable-without-trivializing
https://vimeo.com/155613132
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Reportage photographique sur le Bain Schubert (maintenant piscine Schubert – 3950, boulevard Saint-Laurent), construit en 1932.Crédits Photo : Archives de la Ville de Montréal -
Prospectus électoral de Joseph Schubert, vers 1934.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Joseph Schubert en 1928.Crédits Photo : Archives de la Ville de Montréal -
1924 – Joseph Schubert (troisième à partir de la droite) et les commissaires de l’école Gouin.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Prospectus électoral de Joseph Schubert, vers 1934.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive
Joseph Schubert
Joseph Schubert a été à la fois un dirigeant syndical, un réformateur en matière de santé publique et un conseiller municipal bien en vue à Montréal. Durant les années 1920 et 1930, il a défendu les intérêts des downtowners, une communauté montréalaise d’immigrants juifs fraîchement établie dans la métropole.
Originaire de Roumanie, Joseph Schubert commence à travailler comme tailleur de pantalons peu de temps après son arrivée à Montréal. Au cours des années suivantes, il occupe rapidement des postes importants au sein des syndicats, de la communauté juive et du conseil municipal.
Ardent défenseur des droits des travailleurs, Joseph Schubert dénonce l’exploitation des ouvriers du vêtement avant de devenir secrétaire du Cloak Presser’s Union, le syndicat de l’industrie du manteau. À l’époque, les syndicats de ce secteur sont pour la plupart des organisations juives mises sur pied par des immigrants d’Europe de l’Est, qui s’inspirent de la pensée des socialistes du Bund, le syndicat général des travailleurs juifs d’Europe de l’Est. Par ailleurs, ces syndicalistes sont également influencés par le Workmen’s Circle, une organisation yiddishiste fondée aux États-Unis par des Juifs faisant la promotion des valeurs associées à la culture yiddish. Au début du XXe siècle, de nombreux conflits de travail opposent les propriétaires juifs des usines de confection, les uptowners, aux travailleurs juifs issus de l’immigration, les downtowners. Lors de la grève de 1912 de la Clothing Manufacturers’ Association of Montreal (l’Association des fabricants de vêtements de Montréal), Joseph Schubert participe à la négociation d’un compromis entre les deux parties afin de faire passer la semaine de travail de 55 heures à 49 heures.
Élu à l’Hôtel de Ville de Montréal en 1924 pour représenter la circonscription électorale de Saint-Louis, dont la plupart des électeurs sont de confession juive, Joseph Schubert se bat pour faire valoir les droits des travailleurs durant les quinze années que durera son mandat. L’un de ses plus grands accomplissements est l’instauration de la journée de travail de huit heures et du salaire minimum de 50 cents l’heure pour les employés municipaux. Au cours d’une grève décrétée en 1925, M. Schubert dément vigoureusement la rumeur selon laquelle les grévistes sont tous des Juifs. Son intervention vise alors à contrer l’antisémitisme qui a pour objectif de discréditer les efforts des travailleurs.
Socialiste, Joseph Schubert prône l’augmentation des taxes et des impôts afin d’améliorer la prestation des services sociaux, une position partagée par très peu d’électeurs. Il doit en outre combattre les rumeurs selon lesquelles il sympathise avec des communistes. En fait, ces allégations proviennent, d’une part, du fait qu’il se porte à la défense de Juifs russes s’étant vu refuser l’accès au Canada en raison de leur prétendue allégeance communiste, et, d’autre part, de sa charge en tant qu’unique représentant du Parti ouvrier au conseil municipal de Montréal. Malgré ces accusations, Joseph Schubert continue de recevoir l’appui de la population, ce qui lui permet de diriger l’opposition officielle face à la puissante administration libérale de 1924 à 1930. Il critique vivement entre autres les liens apparents du parti au pouvoir avec la pègre.
Au cours des années 1920, M. Schubert est appelé à se prononcer sur la question des écoles juives. Le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau le nomme en effet parmi les représentants juifs siégeant au comité chargé d’examiner l’éducation des enfants catholiques, protestants et juifs. Au terme de cet exercice, le conseiller municipal montréalais se prononce en faveur d’un réseau d’écoles juives séparé.
Durant son mandat à titre de conseiller municipal, M. Schubert aborde le problème de la propagation des maladies causée par le surpeuplement et l’insalubrité dans les usines. Pendant la Grande Dépression, il est chargé de présenter un rapport sur le chômage et la distribution de l’aide sociale partout en Amérique du Nord. Son constat touche une corde sensible : les dépenses gouvernementales associées à la santé publique de Montréal sont, toutes proportions gardées, les plus faibles en Amérique du Nord. Cette situation est une véritable source d’embarras pour l’administration municipale, qui se rend compte que la métropole québécoise détient les taux les plus élevés de mortalité infantile et de tuberculose du continent. Le rapport de M. Schubert donne lieu à la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la santé publique. Au terme de la Commission, le célèbre défenseur des droits des travailleurs contribue à établir des mesures visant à prévenir la propagation de maladies sur le territoire montréalais. Il fait ainsi construire, en 1931, un bain public pour les familles d’immigrants qui n’ont pas accès à l’eau chaude. Situé à l’angle de la rue Bagg et du boulevard Saint-Laurent, cet établissement est aujourd’hui une piscine publique appelée le Bain Schubert.
Remerciement spécial au Musée du Montréal Juif.
Sources :
http://imjm.ca/location/1020
http://www.cjhn.ca/permalink/38718
http://www.imtl.org/montreal/building/Bains-Schubert.php
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Angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte-Catherine, Montréal, vers 1905. M. John N. Mappin. MP-1978.207.1.22.Crédits Photo : © Musée McCord, Montréal
Main
S’il y a un endroit en particulier qui est associé à l’histoire juive de Montréal, c’est bien le boulevard Saint-Laurent.
Artère emblématique de la métropole depuis le début du XVIIIe siècle, la Main représente depuis plus de cent ans l’élan des populations immigrantes et en particulier la vitalité de la communauté juive.
Les premières personnes d’origine juive arrivent sans doute sur les lieux assez tôt, mais dès les années 1900, une grande concentration de synagogues, d’institutions communautaires et de restaurants cachers se fait sentir sur la Main, à laquelle s’ajoute une variété de théâtres et de cinémas yiddish. C’est là aussi que l’on trouve entre les deux guerres la plupart des usines où travaillent les ouvriers juifs de l’industrie textile, sans oublier les presses du Keneder Adler (L’Aigle canadien), le quotidien yiddish de Montréal. Pendant presque un demi-siècle, cette langue est d’ailleurs la plus parlée sur le boulevard Saint-Laurent et la troisième en importance dans la ville après le français et l’anglais.
Plusieurs personnalités juives célèbres grandissent ou résident dans le secteur au cours de leur carrière, dont l’écrivain Mordecai Richler, le chansonnier Leonard Cohen et la syndicaliste Léa Roback. Au fil du temps, les populations juives de Montréal se sont déplacées beaucoup plus à l’ouest dans la ville.
Aujourd’hui, il reste peu de traces sur la Main de leur présence historique. N’empêche que dans l’esprit du grand public, le boulevard Saint-Laurent conserve toujours une couleur juive prononcée, ne serait-ce que parce qu’on y trouve encore les bagels et le smoked meat les plus réputés en ville.
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1985 – Louis Muhlstock reçoit le prix H. M. Caiserman au Congrès juif canadien des mains de Ghitta Caiserman-Roth, artiste renommée et fille de H. M. Caiserman.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
1967 – Stanley Lewis et Louis Muhlstock admirent des sculptures lors d’une exposition à l'Hôpital général juif de Montréal.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
1977 – Croquis de Louis Muhlstock réalisé par Lou Seligson du Canadian Jewish News.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Ghitta Caiserman-Roth en compagnie de Louis Muhlstock (à gauche), vers 1955.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin
Louis Muhlstock
Louis Muhlstock était un illustre peintre et dessinateur québécois d’origine galicienne. Il était reconnu pour ses peintures illustrant la vie quotidienne des marginaux montréalais durant la Grande Dépression.
Natif de Narajow en Galicie (aujourd’hui Narayiv en Ukraine), Louis Muhlstock n’a que sept ans lorsqu’il immigre au Canada en 1911. Sept ans plus tard, il entreprend des études au Monument-National avant d’être admis à l’Art Association of Montreal, puis à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Il présente sa première exposition à l’Académie royale des arts du Canada en 1925. En 1928, le jeune peintre traverse l’océan afin de poursuivre sa formation dans la Ville lumière. Il fréquente alors l’atelier du professeur Louis Biloul, en plus de réaliser de nombreuses esquisses à l’Académie de la Grande Chaumière, célèbre école parisienne où les légendaires Amedeo Modigliani et Jean-Paul Riopelle ont également étudié. De retour à Montréal en 1931, Louis Muhlstock devient artiste professionnel à temps plein.
Au fil des ans, Louis Muhlstock se forge une notoriété enviable, notamment grâce à la profonde humanité qui émane de ses compositions. L’omniprésence de la Grande Dépression se reflète particulièrement dans l’austérité de ses premières toiles. Au début des années 1930, Louis Muhlstock produit plusieurs portraits de personnes hospitalisées. Paranka (1932) demeure encore à ce jour l’une de ses œuvres les plus émouvantes. Il s’agit du portrait d’une patiente aveugle en phase terminale. Plus tard au cours de sa carrière, Louis Muhlstock se met à peindre des pièces vides et des édifices abandonnés afin de symboliser l’angoisse existentielle. Il continuera à peindre avec passion et ardeur jusqu’à sa mort en 2001.
Louis Muhlstock était membre de la Société canadienne des arts graphiques, du Groupe des Peintres canadiens, de la Société d’art contemporain, de la Fédération des artistes canadiens et de la Société canadienne des aquarellistes. Titulaire d’un doctorat honorifique de l’Université Concordia, il a également été nommé officier de l’Ordre du Canada en 1991 et chevalier de l’Ordre du Québec en 1998.
Sources :
https://en.wikipedia.org/wiki/Louis_Muhlstock
https://www.gallery.ca/en/see/collections/artist.php?iartistid=3890
https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=286
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De droite à gauche : Otto Joachim (à l’alto) et les autres membres fondateurs du Quatuor à cordes de Montréal (1955) : son frère Walter (violoncelle) et les violonistes Mildred Goodman et Hyman Bress.Crédits Photo : E.D. Bermingham Reg’d -
Walter Joachim à Montréal pendant les années 1990.Crédits Photo : Les Prix du Québec -
Otto JoachimCrédits Photo : The Métropolitain
Otto et Walter Joachim
Otto et Walter Joachim étaient des musiciens et compositeurs de renom. D'origine allemande, ils ont immigré au Canada, où ils sont devenus des piliers de la scène culturelle montréalaise.
Natifs de Düsseldorf, les frères Joachim commencent très tôt à apprendre le violon. Lorsque les nazis accèdent au pouvoir en 1934, Otto Joachim fuit l’Allemagne et se réfugie en Asie. Il se rend d’abord à Singapour, puis en Chine, l’un des rares pays ouverts aux Juifs durant la guerre. À Shanghai, il fait la connaissance de celle qui deviendra son épouse, la Berlinoise Ellen Dieneman. De cette union naîtra un fils, nommé Davis. En 1949, la famille Joachim décide de partir au Brésil. Ils s’y rendent via l’Amérique du Nord. Lors d’une escale à Montréal, le côté européen de la métropole québécoise séduit à ce point Otto Joachim qu’il décide d’y poser bagages. Pendant ce temps, son frère Walter a passé les années 1930 à se produire en spectacle. Ceux-ci l’ont mené en Europe et en Asie en compagnie d’un groupe de musiciens. En 1952, il décide lui aussi de s’installer au Canada.
Durant les années 1950, Otto et Walter Joachim commencent à faire leur marque à Montréal. Ils intègrent l’Orchestre symphonique de Montréal et l’Orchestre de chambre McGill (Otto à titre de violoniste solo et Walter en tant que violoncelliste solo) en plus de cofonder le Quatuor à cordes de Montréal. Otto Joachim composera plus tard Katimavik, un morceau électroacoustique commandé par le Pavillon canadien de l’Expo 67.
En 1956, Otto Joachim commence à enseigner à l’Université McGill et inaugure son propre laboratoire de recherche sur la musique électroacoustique. Après des années à mener des expériences sur le son et ses propriétés, il devient l’une des figures de proue du mouvement d’avant-garde du modernisme musical. De son côté, atteint de la maladie de Parkinson, Walter Joachim voit son état de santé se détériorer progressivement. Il se tourne de plus en plus vers le milieu académique, enseignant dans de nombreux établissements de renom, dont le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, l’Université McGill et le Centre d’arts d’Oxford.
Au cours de leur carrière respective, les frères Joachim seront tour à tour nommés chevaliers de l’Ordre du Québec (Walter en 1992 et Otto en 1993). Otto Joachim deviendra membre honoraire de la Communauté électroacoustique canadienne en plus de recevoir le Grand Prix Paul-Gilson ainsi que le Prix de musique Calixa-Lavallée. L’Université Concordia lui décernera un doctorat honorifique et donnera son nom à un studio de musique électroacoustique. Walter Joachim sera quant à lui fait membre de l’Ordre du Canada et lauréat du Prix Denise Pelletier.
Sources :
https://en.wikipedia.org/wiki/Otto_Joachim_(composer)
http://www.scena.org/lsm/sm16-3/sm16-3_joachim_en.html
http://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/joachim-walter/