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Mordecai Richler – 1970.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Première édition du livre The Apprenticeship of Duddy Kravitz (L'Apprentissage de Duddy Kravitz), l’une des œuvres les plus célèbres de Mordecai Richler.Crédits Photo : AbeBooks Canada -
Mordecai Richler en 1960.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
1946 – Mordecai Richler, président de la classe au Baron Byng High School.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
16 mars 1969 – Des gens font la file pour obtenir des billets pour une soirée mettant en vedette Mordecai Richler.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive
Mordecai Richler
À n’en pas douter, Mordecai Richler est l’écrivain le plus emblématique jamais issu de la communauté juive de Montréal.
Un « garçon de la rue Saint-Urbain » dès sa naissance, Mordecai Richler voit le jour dans une famille défavorisée du ghetto juif de Montréal, qui compte parmi ses membres son grand-père maternel, le Rabbin Yudel Rosenberg, un leader religieux et un érudit influent. Connu pour sa traduction de l’araméen à l’hébreu du Zohar, un classique de la mystique juive, celui-ci deviendra le grand rabbin des United Hebrew Orthodox Congregations of Montreal.
Le statut d’« auteur juif le plus réputé et le plus célébré de Montréal » que l’on attribuera à Mordecai Richler est ironique, étant donnée la relation tendue qu’il entretient avec la communauté juive et des portraits mordants qu’il en brosse. Dans l’ensemble de son œuvre (comportant une douzaine de romans, des scénarios et des essais), Mordecai Richler explore ce que signifie être un Juif qui grandit dans le monde étroitement tissé, isolé, souvent pauvre et majoritairement immigrant du quartier de la rue Saint-Urbain et de la Main. Dans son livre intitulé Oh Canada! Oh Quebec! (Oh Canada! Oh Québec), il s’attaque avec virulence au nationalisme canadien-français. De manière générale, ses textes, qui lui valent autant d’éloges que de critiques, fournissent une étude sans pareille de la vie au sein de la communauté juive; en ce sens, ils permettent d’observer son passé à la fois unique et dynamique.
En 1948, Mordecai Richler obtient son diplôme de la Baron Byng High School, où il est le président de sa classe, puis il abandonne les études amorcées au Sir George Williams College (aujourd’hui l’Université Concordia). Au début des années 1950, il vit en France et en Espagne durant une brève période avant de s’installer à Londres, où il demeure pendant plus de 15 ans, avant de revenir à Montréal en 1972 parce qu’il est troublé à l’idée d’« être éloigné depuis si longtemps des racines de son mécontentement ». Jusqu’à sa mort en 2001 des suites d’un cancer, Mordecai Richler habite à Montréal, où il continue d’écrire et de publier sur des sujets aussi variés que les sports, le voyage et, thème plus controversé, le séparatisme québécois.
De nos jours, Mordecai Richler survit à travers certaines œuvres de fiction très connues, en particulier The Apprenticeship of Duddy Kravitz, (L’apprentissage de Duddy Kravitz – 1959), St. Urbain’s Horseman (Le cavalier Saint-Urbain – 1971) et Barney’s Version (Le monde de Barney – 1997). L’auteur survit également à travers l’héritage de la communauté juive de Montréal, dont son œuvre et son travail ne peuvent être dissociés. Richler décrit et définit cette communauté dans le Canada et dans le monde entier et, en retour, la communauté elle-même le définit.
Remerciement spécial au Musée du Montréal Juif.
Sources :
http://www.imjm.ca/location/1126
http://www.theglobeandmail.com/news/national/mordecai-richler-gets-his-glory-montreal-renames-library-after-him/article23443003/
http://www.cbc.ca/news/canada/montreal/montreal-to-honour-mordecai-richler-1.1120737
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Image d’une cellule dendritique créée par Ralph Steinman en 1973.Crédits Photo : Ralph Steinman/The Rockefeller University -
Ralph Steinman.Crédits Photo : The Rockefeller University -
Ralph Steinman devant son microscope en 1992.Crédits Photo : The Rockefeller Archive Center
Ralph Steinman
Ralph Steinman était un célèbre immunologue canadien. En 2011, il a reçu le prix Nobel de médecine (à titre posthume) pour la découverte de la cellule dendritique.
Ralph Steinman voit le jour à Montréal en 1943. Après avoir grandi à Sherbrooke, il devient titulaire d’un baccalauréat en sciences de l’Université McGill en 1963 et d’un diplôme de médecine de l’Université Harvard en 1968. Après avoir effectué son internat au Massachusetts General Hospital, Ralph Steinman entreprend ses études doctorales à l’Université Rockefeller, dont dirigera plus tard le Centre d’immunologie et des maladies du système immunitaire.
M. Steinman est surtout connu pour sa découverte des cellules dendritiques, un type de globule blanc ayant le même aspect physique que les dendrites entourant nos neurones. Il est généralement admis que les cellules dendritiques sont les organismes cellulaires les plus agressifs de notre système immunitaire. Les recherches de Ralph Steinman ont démontré qu’elles jouent un rôle de premier plan lors des réactions immunitaires. En effet, les cellules dendritiques permettent de déclencher les réponses immunitaires appropriées lorsqu’un danger menace notre organisme. Véritables soldates, elles avalent et digèrent les intrus qui pourraient en menacer le bon fonctionnement. M. Steinman espérait pouvoir tirer profit des propriétés des cellules dendritiques lors de la chimiothérapie. Ses travaux ont ouvert la voie à l’élaboration de traitements potentiels contre de nombreuses maladies, incluant le diabète de type 1, la sclérose en plaques et le psoriasis. Elles pourraient même permettre de développer de nouvelles chimiothérapies contre le cancer.
Le chercheur montréalais a pu prolonger sa vie grâce à ses propres travaux. Après avoir reçu un diagnostic de cancer du pancréas de stade IV, il s’est offert comme sujet à des fins de traitements expérimentaux contre le cancer, dont certains étaient basés sur ses propres découvertes scientifiques. Au final, M. Steinman a déjoué les pronostics pendant quatre ans, s’éteignant quelques jours à peine avant l’obtention de son prix Nobel. Bien qu’il n’ait pas l’habitude de décerner des prix à titre posthume, le comité Nobel lui a tout de même accordé cet honneur dans les jours qui ont suivi son décès.
Liens :
http://www.reuters.com/article/us-nobel-medicine-experiment-idUSTRE7956CN20111006
http://www.rockefeller.edu/about/awards/nobel/rsteinman#sidebar
https://www.youtube.com/watch?v=xAm3Z5Iy85w
https://www.youtube.com/watch?v=Xl0PY-vqB4k
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Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Stephen Lewis en 2009.Crédits Photo : Gordon Griffiths -
Affichette en carton en faveur de David Lewis, années 1950.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Affiche politique appuyant la candidature de David Lewis, vers 1943. Quatre principes de la CCF (Fédération du Commonwealth coopératif) y sont expliqués : les droits de la famille canadienne, les droits des Canadiens français et des autres minorités, la propriété privée et l’opposition au communisme.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Lettre de David Lewis, candidat à la chefferie de la CCF (Fédération du Commonwealth coopératif) dans l’ancienne circonscription fédérale de Cartier, vers 1943. La lettre souligne le besoin de bâtir un monde meilleur après la victoire de la Seconde Guerre mondiale grâce à une juste répartition du travail, des ressources accrues et de l’assistance sociale. Elle célèbre aussi la coopération internationale entre quatre grandes puissances, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Union soviétique et la Chine. « Nous ne devons plus jamais tolérer la méfiance et la suspicion, comme celles qui étaient de rigueur avant la guerre, à l’égard de l’Union soviétique. »Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
David Lewis vers 1973.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin
Famille Lewis
Pendant quatre générations, la famille Lewis a exercé une influence considérable sur la société et la politique canadiennes. Moishe, David, Stephen et Avram « Avi » Lewis ont tous consacré leur vie à la défense des travailleurs et des droits sociaux.
Premier d’une lignée d’illustres activistes sociaux canadiens, Moishe Lewis voit le jour en 1888, à Svisloch, une bourgade juive située dans l’actuelle Biélorussie. Très tôt dans sa vie, il devient l’un des principaux dirigeants du Bund local, un mouvement socialiste juif militant pour l’émancipation des travailleurs juifs. Au lendemain de son arrivée à Montréal en 1921, Moishe Lewis commence à travailler dans une usine de vêtements dirigée par son oncle. Militant toujours en faveur des droits des travailleurs, il devient bientôt membre du Workmen’s Circle en plus d’agir à titre de secrétaire du Canadian Jewish Labour Committee, poste qu’il occupera pendant plusieurs décennies.
En 1947, le premier ministre William Lyon Mackenzie-King autorise un certain assouplissement des restrictions relatives à la politique migratoire canadienne. Les changements apportés par le gouvernement fédéral permettent au Jewish Labor Committee, alors dirigé par Kalman Kaplansky, Moishe Lewis et Bernard Shane, de mettre en œuvre un nouveau programme appelé le « Tailors Project ». Conçu pour aider les réfugiés juifs à intégrer l’industrie canadienne du textile, le Tailors Project s’inscrit dans le vaste cadre du programme fédéral du travail de 1947, dont le but consiste à stimuler l’économie canadienne en recrutant des travailleurs spécialisés parmi les personnes déplacées en Europe. En 1975, le Jewish Labour Committee rend hommage au militant montréalais en créant la Fondation Moishe Lewis.
Avocat spécialisé en droit du travail, David Lewis, le fils de Moishe Lewis, est lui aussi très engagé sur les plans social et politique. À l’instar de son père, il laissera une marque indélébile sur le paysage politique canadien. Au cours de sa carrière, il participe entre autres à la création de la Fédération du Commonwealth coopératif (FCC), l’ancêtre du Nouveau Parti démocratique (NPD), dont il est également le cofondateur. Pendant ses études à l’Université McGill, David Lewis se fait notamment connaître grâce à ses talents de débatteur et de rédacteur. Élève brillant, il devient l’un des premiers étudiants juifs à recevoir la bourse Rhodes. Celle-ci lui permet d’aller étudier le droit à l’Université d’Oxford. Le jeune homme deviendra bientôt l’une des figures de proue du Parti travailliste britannique.
De retour à Montréal au milieu des années 1930, David Lewis participe à l’implantation d’une version canadienne de la démocratie sociale. Son fort penchant socialiste se manifeste en diverses occasions, notamment à l’occasion d’un entretien avec sir Edward Beatty, le président du chemin de fer Canadien Pacifique. Lorsqu’on lui demande quelle serait la première chose qu’il ferait s’il était élu premier ministre, Davis Lewis répond sans hésiter : « Je nationaliserais le Canadien Pacifique». En 1935, David Lewis décline une invitation à travailler au Parlement britannique, préférant plutôt terminer un diplôme en droit à l’Université d’Ottawa. L’année suivante, il devient secrétaire fédéral de la FCC, poste qu’il occupera pendant 14 ans. Lors de l’élection fédérale de 1943, il se présente sous la bannière libérale dans la circonscription fédérale de Cartier. Au terme d’une campagne particulièrement vicieuse, il doit s’avouer vaincu devant son rival communiste Fred Rose, un membre du Parti progressiste ouvrier.
Les efforts de David Lewis visant à faire avancer la cause sociale-démocrate au Canada le mènent à s’entretenir avec des dirigeants politiques et des chefs syndicaux engagés dans les luttes ouvrières qui ont cours à Montréal. Très critique envers le communisme, David Lewis s’appuie sur sa brève expérience à titre d’avocat spécialisé en droit du travail pour encourager les membres des syndicats à soutenir la démocratie sociale. Publié en 1943, son livre intitulé Make This Your Canada : A Review of CCF History and Policy (Un Canada nouveau : vue d’ensemble de l’historique et de la politique du mouvement C.C.F.) retrace le parcours du parti social-démocrate en mettant en lumière ses orientations politiques et sa position favorable à un contrôle étatique sur l’économie. Bien qu’il soit jugé plus controversé que son prédécesseur, Tommy Douglas, David Lewis remporte finalement un siège au Parlement. En 1962 et en 1965, il parvient à se faire élire dans la circonscription de York South à Toronto, et ce, malgré sa difficulté à convaincre les Juifs aisés qu’un athée non sioniste aux penchants socialistes peut bien les représenter au Parlement.
En 1961, l’engagement de M. Lewis à l’égard du mandat socialiste de la FCC contribue à l’émergence de son successeur, le NPD. Dix ans plus tard, l’avocat est nommé à la chefferie du tiers parti. Seul Juif à diriger un parti national au Canada, David Lewis fait campagne contre les « entreprises soutenues par des fonds publics » en plus de paver la voie à l’adoption de lois favorisant l’accès à des logements abordables. À la suite de sa défaite électorale de 1974, M. Lewis devient correspondant de voyage pour le Toronto Star. Après avoir terminé sa carrière comme professeur à l’Université Carleton à Ottawa, il s’éteint en 1981 à l’âge de 72 ans.
Troisième de sa lignée, Stephen Lewis est un homme politique, diplomate et activiste social natif de Montréal. Comme l’ont été avant lui son père et son grand-père, il compte parmi les figures de proue de la gauche progressiste, et ce, autant aux échelons national qu’international. Il est surtout connu pour son travail visant à enrayer le VIH/sida. De 1970 à 1978, Stephen Lewis assume la direction du NPD ontarien. Durant les années 1980, le gouvernement de Brian Mulroney le nomme ambassadeur du Canada auprès de l’Organisation des Nations Unies. En 1995, M. Lewis devient directeur général adjoint de l’UNICEF avant d’être nommé conseiller spécial des affaires africaines auprès du secrétaire général des Nations Unies en 2001. Puis, en 2003, il crée la Stephen Lewis Foundation, un organisme venant en aide aux victimes du VIH/sida. Il est en outre professeur à l’Université McGill ainsi qu’à l’Université Ryerson. En plus de recevoir plusieurs doctorats honorifiques, M. Lewis se voit décerner un nombre considérable de prix et de distinctions au cours de sa carrière. Au début des années 2000, il est nommé compagnon de l’Ordre du Canada avant de voir son nom figurer sur la liste des 100 personnalités les plus influentes au monde selon le Time Magazine. En 2007, le Royaume du Lesotho, un petit état d’Afrique australe, investit M. Lewis du titre de chevalier commandeur de l’Ordre de Moshoeshoe. Puis, en 2012, le magazine Maclean’s le nomme l’homme le plus important de l’année. Finalement, la même année, M. Lewis devient le tout premier récipiendaire canadien de la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.
Stephen Lewis est marié à la journaliste, auteure, et militante sociale Michele Landsberg. Auteure de trois ouvrages à succès et officière de l’Ordre du Canada, elle est l’une des premières journalistes canadiennes à avoir soulevé le problème du harcèlement en milieu de travail. Stephen Lewis est également le père d’Avram « Avi » Lewis. Avec son épouse, la journaliste et auteure canadienne Naomi Klein, M. Lewis compte parmi les membres les plus influents du NPD. Au cours de sa carrière médiatique, Avram Lewis agit notamment à titre de commentateur politique pour la chaîne télévisée MuchMusic en plus d’animer l’émission de télévision CounterSpin, diffusée sur les ondes de CBC Newsworld. Également très actif derrière la caméra, il réalise de nombreux documentaires, dont Why Democracy en 2007.
Remerciement spécial au Musée du Montréal Juif.
Sources :
http://imjm.ca/location/1414
http://www.imjm.ca/location/1555
http://www.revparl.ca/9/3/09n3_86e_bournet.pdf
http://www.cjhn.ca/fr/permalink/cjhn277
http://www.dcf.ca/en/scholarships/david_lewis.htm
https://en.wikipedia.org/wiki/Moishe_Lewis
http://www.cbc.ca/player/play/2212119454
http://www.stephenlewisfoundation.org/who-we-are/about-stephen-lewis
King, Joe et Johanne Schumann (2000), From the Ghetto to the Main: the Story of the Jews of Montreal, Montréal, Montreal Jewish Publication Society.
King, Joe (2009), Fabled City: the Jews of Montreal, Montreal, Price-Patterson.
Lewis, David et F. R. Scott (1943), Make This Your Canada; a Review of C.C.F. « History and Policy », Toronto, Central Canada Pub.
Lewis, David (1981), The Good Fight: Political Memoirs 1909-1958. Toronto, Macmillan of Canada.
Smith, Cameron (1989), Unfinished Journey: the Lewis Family, Toronto, Summerhill.
Tulchinsky, Gerald (1998), Branching Out: the Transformation of the Canadian Jewish Community. Toronto, Stoddart.
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Mars 1919 – Délégués à la première assemblée plénière du Congrès juif canadien.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Bernie Farber, Moshe Ronen et Les Scheininger avec Nelson Mandela. Le Congrès juif canadien a été la seule organisation d’une communauté culturelle à rencontrer M. Mandela lors de sa visite au Canada en 1990.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1967 – Ayant servi de consultants, des responsables du Congrès juif canadien participent à l’inauguration du Pavillon du judaïsme à l’Expo 67.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1985 – Irwin Cotler du Congrès juif canadien prend la parole à l’extérieur du Consulat soviétique à Montréal lors d’un rassemblement en soutien aux Juifs soviétiques.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1971 – Le Premier ministre Pierre E. Trudeau avec Sol Kanee et Saul Hayes lors de l’assemblée plénière du Congrès juif canadien.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1970 – Militantes du Comité national pour les Juifs soviétiques à Montréal.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1951 – Sam Bronfman (centre) lors de l’établissement de la Corporation Canada-Israël.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Mai 2000 – Une délégation du Congrès juif canadien, constituée de leaders communautaires et de survivants de la Shoah, rencontrent le premier ministre Lucien Bouchard le jour de l’adoption de la loi proclamant le Jour commémoratif de l'Holocauste-Yom Hashoah au Québec.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
1984 – Une délégation du Congrès juif canadien menée par Alan Rose rencontre le Pape Jean-Paul II à Montréal.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin
Congrès juif canadien
Première assemblée démocratiquement élue pour représenter la communauté juive du Canada, le Congrès juif canadien (CJC) a été créé à Montréal en 1919.
Pendant les premières années de la Confédération, le contexte de la nation canadienne ne facilite pas la tâche aux organisations nationales. Pendant des années, le seul organisme national est la Fédération des sionistes canadiens, dont les dirigeants sont nommés selon la tradition d’Europe centrale. Mais la Première Guerre mondiale, la dévastation de l’Europe, l’immense problème des réfugiés et l’afflux de Juifs d’Europe de l’Est au Canada entraînent la création d’un nouvel organisme national. Pour offrir une voix à la population croissante de nouveaux arrivants, le Congrès juif canadien, qui est composé de représentants élus, se donne pour mission de défendre les intérêts de la communauté juive canadienne dans ses questions politiques, nationales et internationales. Puisque plusieurs de ses fondateurs font partie du Po’alei Zion (Travailleurs de Sion), une organisation gauchiste, le CJC essaie de répondre aux besoins des différentes franges de la communauté. Son premier secrétaire général est Hannaniah Meir Caiserman, un tailleur et organisateur syndical né en Roumanie. Il occupera ce poste jusqu’à son décès en 1950.
Saul Hayes est sans contredit l’un des directeurs généraux à siéger le plus longtemps au CJC, soit de 1940 à 1959. Il transforme le CJC, organisation-cadre, en un groupe de pression formateur. Travaillant de concert avec le président du Congrès, Samuel Bronfman, Saul Hayes a des relations politiques et des talents d’orateur qui le rendent inestimable au sein du Comité pour les réfugiés du CJC dans les années 1930. La situation tragique que connaissent les Juifs sous le régime nazi le conduit vers une où il luttera sans relâche au nom de la communauté juive. Saul Hayes est actif dans les pressions exercées pendant son mandat pour défier les politiques restrictives en matière d’immigration en temps de guerre. Une de la Direction générale de l’immigration du ministère fédéral des Mines délégation lance un appel à F. C. Blair, directeur aussi obscur que puissant et des Ressources, pour renoncer aux politiques visant à empêcher les réfugiés juifs allemands d’immigrer au Canada. Avec l’aide des dirigeants de la communauté, notamment Hirsch Wolofsky, fondateur et rédacteur en chef du Keneder Adler (quotidien montréalais en langue yiddish), Peter Bercovitch, président honoraire de la Fédération des Juifs polonais et membre du parlement et Michael Garber, dirigeant au CJC, la délégation réussit à faire entrer 130 Juifs au Canada. Malheureusement, les efforts de Saul Hayes et de ses collègues ne permettent pas de faire changer davantage la politique fédérale : le Canada accepte moins de 5 000 réfugiés juifs de 1933 à 1948, soit l’un des taux les plus faibles de tous les pays occidentaux.
Aussi connu sous le pseudonyme de « M. Congrès juif canadien », Saul Hayes est un important ambassadeur des Juifs canadiens à Ottawa. Sous son leadership et celui de M. Bronfman, le CJC devient le parlement incontesté des Juifs canadiens, car il tente de persuader le gouvernement d’autoriser une meilleure intégration des réfugiés juifs. Saul Hayes contribue aux actions du Congrès visant à enrayer la diffamation, en particulier dans le cas du parti politique Social Credit. Les dirigeants de cette formation diffusent notamment l’ouvrage de propagande antisémite intitulé Protocoles des Sages de Sion. De plus, ils font bon nombre d’allusions au discours nazi dans leurs campagnes politiques pendant les années 1940.
Monsieur Hayes représente les Juifs Canadiens dans le cadre de nombreuses rencontres, dont celles du Congrès juif mondial, de la San Francisco Conference on International Security de 1945, de la Paris Conference on Peace Treaties de 1946 et de la United Nations Relief and Rehabilitation Agency. Au cours de ces événements, il défend les victimes de la guerre en Europe. Dans ce contexte, il devient, depuis la conférence de Versailles en 1919, le premier délégué à représenter la communauté juive mondiale devant une organisation internationale. Le Saul Hayes Human Rights Award (prix Saul Hayes pour les droits de l’homme), fondé par le CJC, reconnaît les contributions significatives dans ce domaine.
Parmi les autres membres importants du CJC, mentionnons les présidents Samuel Bronfman, qui compte les plus longs états de service, soit de 1939 à 1962; Lyon Cohen; Samuel William Jacobs; Monroe Abbey; Irwin Cotler; Dorothy Reitman; Irving Abella; Reuven Bulka et Sylvain Abitbol.
Le CJC demeurera l’organisation nationale des Juifs canadiens pendant de nombreuses années – exerçant des pressions et défendant leurs droits. Par exemple, il lance des campagnes pour permettre l’immigration de Juifs en provenance de l’Union soviétique. En 2007, il devient un organe du Conseil canadien pour les relations juives et israéliennes avant d’être officiellement dissous en 2011.
Sources :
http://mimj.ca/location/2339
http://www.cjhn.ca/en/permalink/cjhn189
http://archives.concordia.ca/hayes
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Crédits Photo : Andy Nulman -
Crédits Photo : Andy Nulman
Andy Nulman
Devenu journaliste à 16 ans, Andy Nulman est surtout connu pour avoir cofondé, avec Gilbert Rozon, le festival d’humour Just for Laughs (le pendant anglophone du festival Juste pour rire).
Les deux visionnaires, Nulman et Rozon, sont parvenus à faire de ce rendez-vous montréalais l’un des événements les plus importants et les plus prestigieux du genre. Au fil des ans, M. Nulman produit plus de 150 émissions de télévision liées au festival, qui sont diffusées dans plusieurs langues à l’échelle de la planète. En 1993, il remporte un Gemini Award pour The Best of Just For Laughs. Quatre ans plus tard, il écrit, produit et anime The Worst of Just For Laughs pour la CBC. L’enfant terrible de l’humour planche actuellement sur The Average of Just For Laughs.
À l’aube des années 2000, après avoir obtenu un succès retentissant avec Just For Laughs, Andy Nulman s’associe à Garner Bornstein et cofonde Airborne Entertainment, une entreprise pionnière dans le domaine des médias mobiles. Lorsqu’il vend ses parts en 2005, M. Nulman voit le solde de son compte bancaire atteindre des sommets inégalés, ce qui lui permet d’entreprendre sa « quatrième carrière ».
En 2010, il réintègre l’équipe de Just For Laughs, cette fois à titre de président de la division Festivals and Television. Après avoir quitté le navire pour une seconde fois, Andy Nulman se lance dans divers projets médiatiques novateurs, dont Play the Future, une application mobile où l’on doit prédire des événements d’actualité. Auteur de trois livres, M. Nulman est réputé pour son audace et son image d’orateur « fauteur de trouble ». Au cours de sa carrière, qui s’étale sur plus de quatre décennies, il a développé une expertise unique dans les domaines des médias, de la gestion et du marketing. C’est du sérieux. Il n’y a absolument pas de quoi rire.
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Le Rabbin Harry J. Stern durant les années 1950.Crédits Photo : Archives juives canadiennes Alex Dworkin -
Le Rabbin Harry J. Stern commente la Torah au Temple Emanu-El de Montréal devant un groupe de religieuses provenant des quatre coins du globe, vers 1960.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Le Rabbin Harry J. Stern au Temple Emanu-El de Montréal tenant des branches de loulav ainsi qu’un cédrat (agrume) à l’occasion de la fête juive de Souccot, vers les années 1950 ou 1960.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Le Rabbin Harry J. Stern lors d’un séder de Pessah interconfessionnel, dans les années 1960.Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive
Harry Stern
Véritable pionnier du judaïsme réformé au Canada, le Rabbin Harry Stern était à la fois un fervent sioniste, un protecteur des droits des travailleurs, un intellectuel accompli et un grand promoteur des relations interreligieuses.
Le Rabbin Harry Stern voit le jour en Lituanie, le 24 avril 1897. Dans la foulée des pogroms de 1905, sa famille fuit l’Europe de l’Est et immigre aux États-Unis, élisant domicile en Ohio. En 1927, il déménage dans la métropole québécoise afin de travailler au Temple Emanu-El, la première synagogue réformiste jamais construite à Montréal.
Au moment où le Rabbin Stern arrive dans la grande ville, un important conflit de travail éclate entre les travailleurs de l’industrie du vêtement et leurs employeurs, dont plusieurs font partie de sa propre congrégation. Rappelons qu’à la fin des années 1920, les Juifs représentent plus de 32 pour cent de la main d’œuvre. Prenant part aux négociations entre les deux parties, Harry Stern se porte d’emblée à la défense des travailleurs, n’hésitant pas à réprimander les riches industriels quant à la façon dont ils traitent leurs coreligionnaires du downtown, allant même jusqu’à les qualifier d’antisémites juifs.
Tout au long de sa vie, le Rabbin Harry Stern s’emploie à favoriser de saines relations entre les Juifs et les chrétiens. En 1942, tissant des liens avec les Églises catholique et protestante, il fonde l’Institut pour le clergé et les éducateurs religieux, un endroit où les membres de chaque groupe religieux peuvent échanger librement sur leurs traditions respectives. Au cours des années 1950 et 1960, période durant laquelle de nombreux Juifs contestent la légitimité du réformisme, Harry Stern tient des Fellowship Dinners, où fraternisent clercs et laïcs de diverses confessions. Plusieurs grandes personnalités juives et non-juives participent à ces événements, notamment le maire Jean Drapeau, le cardinal Paul Émile Léger et même Martin Luther King fils. En 1967, on crée le prix Harry J. Stern en l’honneur du célèbre guide spirituel montréalais, un honneur réservé aux individus favorisant une meilleure compréhension mutuelle entre les croyants de divers groupes culturels et religieux.
En plus de construire des ponts entre les communautés religieuses, le Rabbin Stern mène une lutte de tous les instants contre l’antisémitisme au sein du clergé catholique et de la population québécoise. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il n’hésite pas à dénoncer publiquement l’idéologie nazie ainsi que les atrocités commises à l’égard des Juifs européens. En 1944, favorable à la création d’un État juif durable, il participe à la création du Conseil chrétien pour la Palestine, un organisme visant à sensibiliser le clergé chrétien à la cause sioniste.
Remerciement spécial au Musée du Montréal Juif.
Liens :
http://www.imjm.ca/location/2431
http://www.cjhn.ca/en/permalink/cjhn253
http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/judaica/ejud_0002_0019_0_19159.html
https://www.templemontreal.ca
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Aldo Bensadoun (à droite).Crédits Photo : Archives de la Bibliothèque publique juive -
Crédits Photo : Aldo
Aldo Bensadoun
En 1972, Aldo Bensadoun aménage un petit espace destiné à la vente de sabots dans l'arrière-boutique d’un magasin Le Château. Aujourd’hui, il se trouve à la tête d'un empire mondial de chaussures et d’accessoires, qui exploite plus de 3 000 points de vente, emploie plus de 20 000 personnes et accueille plus de 20 millions de clients annuellement.
Depuis ses humbles débuts, Aldo Bensadoun défend une vision fondée sur le style, la qualité et l’accessibilité, vision qui demeure inchangée depuis. Initialement, il souhaitait avant tout créer une marque dotée d’une conscience sociale. En effet, Aldo figure parmi les marques emblématiques les plus profondément engagées envers les causes sociales et la philanthropie communautaire. Au fil des ans, la chaîne Aldo a appuyé une série de bonnes causes, tant locales qu’internationales. L’entreprise soutient financièrement de nombreux organismes, dont l’Hôpital général juif de Montréal, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Hôpital Mont Sinaï, l’Institut de cardiologie de Montréal, l’Université McGill, la Société canadienne du cancer, l’Orchestre symphonique de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, War Child, l’organisme Dans la rue et la Fondation CURE pour la recherche sur le cancer du sein.
Une cause en particulier est associée à la marque Aldo. Depuis le milieu des années 1980, période où peu d’entreprises avaient le courage de prendre position, la société montréalaise s’investit pleinement dans la lutte contre le sida. Le Groupe Aldo est associé à des actions de sensibilisation, d’éducation, de prévention et de protection en plus de financer la recherche. Il a lancé ou appuyé de nombreux projets, notamment des bracelets d’amitié, VFILES et le programme d’équité VIH de Partners in Health. Toutes ces initiatives ont contribué à changer concrètement les choses. Pour les personnes qui vivent avec le VIH/sida et pour bien des gens partout dans le monde, le groupe Aldo constitue un exemple remarquable d’une marque dotée d’une réelle conscience sociale.
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Louis Nirenberg donne un cours au Courant Institute of Mathematical Sciences (CIMS) de l’Université de New York.Crédits Photo : Courant Institute, NYU. -
2015 – Louis Nirenberg en compagnie de Steven Nash.Crédits Photo : University of Bergen -
Eleazer Bromberg, James J. Stoker et Louis Nirenberg dans les années 1960.Crédits Photo : Courant Institute, NYU. -
Crédits Photo : Oberwolfach Photo Collection
Louis Nirenberg
Le mathématicien canadien Louis Nirenberg est considéré comme l’un des plus grands analystes théoriques du XXe siècle. Il a apporté une contribution majeure dans le domaine des équations aux dérivées partielles linéaires et non linéaires.
Il voit le jour à Hamilton, en Ontario, mais sa famille déménage rapidement à Montréal pour retrouver la plus grande communauté juive. Louis Nirenberg fréquente l’école Baron Byng High School et obtient son diplôme de premier cycle de l’Université McGill, où il étudie en mathématiques et en physique. Après l’obtention de son diplôme, il travaille au Conseil national de recherches du Canada sur le projet Manhattan. Il reçoit son doctorat en 1949 de la New York University (NYU), ce qui lui permet d’obtenir un poste de professeur au Courant Institute of Mathematical Sciences de la NYU.
Dans le domaine des équations aux dérivées partielles linéaires et non linéaires, sa contribution comprend l’inégalité d’interpolation du type Gagliardo-Nirenberg, une découverte essentielle dans la résolution des équations partielles elliptiques, qui touche plusieurs aspects des mathématiques. Il contribue également à l’élaboration d’un nouveau concept mathématique connu sous le nom d’espace John-Nirenberg, qui est utilisé pour l’étude du comportement des martingales : matériaux élastiques et jeux de hasard. Louis Nirenberg joue aussi un rôle clé dans la résolution de graves problèmes de physique, les équations Navier-Stokes sur la dynamique des fluides et la turbulence. Son article, rédigé avec un collègue, sur les solutions aux équations Navier-Stokes est récompensé par l’American Mathematical Society, qui lui remet en 2014 le prix Steele pour son apport majeur à la recherche.
Mentionnons ses principales distinctions, notamment : le prix Bocher de l’American Mathematical Society (1959), le prix Crafoord (1982), le prix Steele pour l’ensemble de sa carrière de l’American Mathematical Society (1994), la National Medal of Science (1995), la première médaille Chern pour l’ensemble de sa carrière par l’International Mathematical Union et par la Chern Medal Foundation (2010) et le prix Abel par l’Académie norvégienne des sciences et des lettres (2015).
Sources :
http://www.baronbynghighschool.ca/alumni/louis-nirenberg/
http://www.mat.ucm.es/~ln06/nirenberg/interview.pdf
Naomi Bronstein
Naomi Bronstein est cette femme de tête et militante, à qui l’on doit le sauvetage de plus de 140 000 enfants du tiers-monde et en particulier du Vietnam, du Cambodge et du Guatemala. Par ailleurs, elle est également connue pour son travail dans le domaine de l’adoption internationale au Canada.
Fille d’un marchand de tissus, Naomi Segal Bronstein grandit dans un milieu à l’aise d’Outremont. Très jeune cependant, elle s’insurge contre les injustices qui font souffrir les enfants pauvres, maladies ou orphelins. À 17 ans, elle épouse Herbert Bronstein, un représentant des ventes de machines à tricoter, qui partage ses idéaux. Ensemble, ils élèvent 12 enfants, dont sept sont adoptés et proviennent du Vietnam, du Cambodge, de l’Équateur et du Canada. Par son action humanitaire, Naomi Bronstein a aidé 650 enfants de plus à trouver des familles adoptives en Europe et en Amérique du Nord.
Le travail de Naomi Bronstein en matière d’adoption internationale remonte aux années 1960. Après la naissance de leur troisième enfant, son mari et elle entreprennent des démarches pour en adopter un quatrième. Le couple est consterné par le piètre état des orphelinats des pays en développement et les préjugés défavorables à l’égard de l’adoption internationale à Montréal. À cette époque, Naomi Bronstein, qui concentre ses efforts sur les orphelins de la guerre du Vietnam, met en œuvre l’initiative Opération Baby-Lift visant à jumeler plus de cent enfants à des familles nord-américaines. Malheureusement, l’avion destiné au transport des enfants s’écrase peu de temps après le décollage, emportant tous ses passagers dans la mort. Naomi Bronstein devait être sur ce vol, mais elle avait reporté son départ à la toute dernière minute.
Cette tragédie cristallise l’engagement de Mme Bronstein, qui devient alors plus déterminée que jamais à venir en aide aux enfants du monde entier. Pendant la guerre civile au Cambodge, elle ouvre l’orphelinat Canada House à Phnom Penh. Puis à la suite d’un tremblement de terre dévastateur au Guatemala, elle établit la Casa Canada dans la ville de Guatemala. La Casa fournit des soins médicaux aux enfants pauvres. Enfin, de retour au Canada, Mme Bronstein s’installe à Ottawa, où elle consacre ses efforts à l’organisme Healing the Children Canada, qui permet à des enfants du tiers-monde atteints de maladies graves d’être opérés en Amérique du Nord. Elle-même atteinte de problèmes cardiaques, Naomi Bronstein meurt à l’âge de 65 ans, au Guatemala où elle avait converti un autobus en clinique médicale mobile.
Nommée membre de l’Ordre du Canada en 1983, Naomi Bronstein a été désignée personnalité de l’année par La Presse en 1985. En 1997, elle a reçu un prix de 250 000 dollars décerné par la Banque Royale du Canada à une personne s’étant illustrée dans le secteur humanitaire (prix qu’elle a d’ailleurs distribué à des causes humanitaires). Sorti en 2001, le film documentaire qui aborde la vie de Naomi Bronstein au Vietnam et s’intitule A Moment in Time: The United Colours of Bronstein a été mis en nomination pour un prix Gemini la même année.